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[Tribune] Notre jeunesse est plus forte que votre gaz

Aujourd’hui en France, vivre pleinement sa jeunesse, manifester, faire la fête, s’engager pour ses idées et ses rêves devient dangereux.


https://reporterre.net/Du-gaz-lacrymogene-dans-les-yeux-la-reponse-de-l-Etat-aux-defenseurs-du-climat


Sous la pression d’une économie prédatrice, d’un marché du travail de plus en plus sauvage, du précariat qui tend à se généraliser et de l’effondrement de nos écosystèmes, notre jeunesse trinque.


Né.e.s dans les années 90 jusqu’aux années 2000, nous nous sommes construit.e.s avec l’urgence climatique comme triste musique d’ambiance, avec l’inquiétante banalisation de l’extrême droite ou encore les tragiques morts d’Adama Traoré, de Zyed Benna et Bouna Traoré ou bien plus récemment avec la disparition de Steve à Nantes, qui profitait, comme nous, de la fête de la musique.


L’horizon semble bien sombre et pourtant c’est à cette même jeunesse que nous devons aujourd’hui l’espoir d’une égalité réelle, d’un modèle de société résiliant, d’une émancipation pour toutes et tous.


C’est de ce contexte pesant que nous tirons collectivement notre impressionnante maturité.

Du péril humain et écologique que nous traversons, il ne nous aura pas fallu longtemps pour identifier les responsables. D’ailleurs, nous les retrouvons inscrits sur les centaines de pancartes qui déambulent le vendredi et les week-ends dans les marches pour le climat et les manifs gilets jaunes. Capitalisme financier, modèle productiviste, évadés fiscaux, fascistes, libéraux, grandes puissances économiques responsables d’écocides… Voici la longue liste de celles et ceux qui aujourd’hui nous privent d’un avenir désirable.


Alors évidemment, nous ne nous résignons pas. Seulement, notre indignation et notre invincible envie d’inverser le cours des choses viennent percuter les dérives d’un gouvernement autoritaire. Ce même gouvernement qui œuvre uniquement pour une poignée d’hommes et de femmes dont la fin du mois et la préservation de notre planète sont les cadets de leurs soucis.


Aujourd’hui en France, vivre pleinement sa jeunesse, manifester, faire la fête, s’engager pour ses idées et ses rêves devient dangereux.


Contrôles aux faciès pour certains, LBD et multiples fractures pour d’autres, gazage systématique et humiliantes scènes de soumission à la police, embrigadement des plus jeunes au service national et sélection à l’université pour les plus âgés… Voilà ce que nous réservent les politiques jeunesses du gouvernement.


La multiplication des abus sécuritaires devient si banale qu’elle se normalise en toute situation. Violence en réponse à des manifestations pacifiques pour le climat, comme à des jeunes alcoolisés à Nantes lors de la fête de la musique, ces situations dénotent un comportement de défiance, parfois même de mépris envers notre jeunesse, de la part de toute une vieille classe conservatrice.


Nous disons aux adversaires du progrès, à ces libéraux et ces fachos qui déconstruisent les solidarités, abîment l’humanité, saccagent la planète et nous précipitent dans un monde sauvage, que nous n’abandonnerons pas. La jeunesse n’abdiquera pas, ses aspirations sont fortes. Nous participerons jusqu’au bout à l’effondrement du vieux monde auquel Emmanuel Macron appartient, pour entrevoir enfin les contours d’une société juste et respectueuse du vivant.


Nos vies comptent, que les passéistes en tout genre ne l’oublient pas.


Alice Bosler et Grégoire Verrière

Coordinateurs nationaux des Jeunes Génération.s