[TRIBUNE] Les discours dérivent, les digues cèdent


Emmanuel Macron et le gouvernement, aidés par Vincent Bolloré et Martin Bouygues, deviennent les meilleurs promoteurs de l'extrême droite. Au delà de libérer la haine, ils lui donnent une réelle légitimité dans le débat public.


Depuis l’élection présidentielle, le Président Macron use de politiques libérales et d’une sémantique conservatrice pour fidéliser un électorat de droite et renforcer le Rassemblement National, permettant ainsi de se poser comme seul rempart à l’extrême droite et s’assurer de nouvelles victoires électorales.


Illusion de solutions libérales incontournables en pleine crise du libéralisme économique, radicalisation conservatrice du discours, mépris des procédures démocratiques qui seraient un obstacle à la mise en œuvre d’une politique efficace, affaiblissement du pouvoir parlementaire au profit de l’exécutif, application de lois liberticides, et enfin stigmatisation d’une minorité religieuse, il y a dans la politique d’Emmanuel Macron et de son gouvernement une odeur fétide qui rappelle les années 30 et la politique menée par Daladier en 1938.


Selon un sondage Ispos-Sopra Steria, la protection de l'environnement est la première préoccupation de 52 % des Français, devant le pouvoir d'achat et l’avenir de notre système social. Les citoyen-ne-s ne sont pas dupes et comprennent largement les enjeux auxquels nous sommes collectivement confrontés.


Les scientifiques tirent fort la sonnette d’alarme concernant le réchauffement du climat, les parents s’inquiètent quant à la santé et à l’avenir de leurs enfants, et les jeunes générations remettent en cause leur participation à un système qui de tout évidence les prive d’un avenir désirable.

Si le réchauffement climatique inquiète à juste titre les français-e-s, il est un autre péril qui se renforce, celui de la pauvreté. D’après l’INSEE, en 2018, les inégalités et le taux de pauvreté augmentent. Il faut retourner aux années 1970 pour trouver des taux de pauvreté plus élevés que celui enregistré l’année dernière.


Inégalités sociales insupportables, nécessité d’inventer un nouveau modèle de développement, démocratie à ré-oxygéner... L’urgence est palpable et pourtant Emmanuel Macron et ses Ministres préfèrent engager le débat sur l’insécurité culturelle et l’identité nationale. Certes, cela présente l’avantage, pour un gouvernement féru d’austérité, de n’impliquer aucune ligne budgétaire mais cela légitime et libère la parole raciste et haineuse des adversaires de la démocratie et de la République que l’on entend combattre.


Le principe de laïcité est maintenant invoqué de toute part. Pilier fondamental de notre République, elle est dévoyée par l’extrême droite et une bonne partie de la classe politique française pour déverser sans qu’il n’y paraisse des discours islamophobes et racistes, normalement réprimés par la loi. Que l’on soit clair, la loi de 1905 sur la laïcité n’est pas la police du vêtement et elle n’est pas non plus un prétexte pour stigmatiser des personnes en fonction de leur appartenance religieuse. Au contraire c’est une loi qui protège, qui protège aussi bien une femme habillée en short qu’une femme qui veut librement porter un foulard. Peut être serait il bon de le rappeler à ce Conseiller régional du Rassemblement National, qui en s'attaquant violemment à une accompagnatrice scolaire voilée, s’en prend à la République et ne respecte pas la loi.


Refusons les crispations identitaires, indignons nous quant à l’embauche de chroniqueurs ouvertement racistes sur les chaînes d’information, n’abdiquons pas sur l’essentiel. Au contraire réaffirmons haut et fort notre obsession pour le respect, l’égalité et la solidarité. La gauche et les écologistes doivent se retrouver et se montrer à la hauteur pour empêcher l’hystérisation de ce débat et éteindre les fantasmes racistes.


L’islam est compatible avec la République, la haine, elle, ne l'est pas.


Alice Bosler et Grégoire Verrière

Coordinateurs nationaux des Jeunes Génération.s

Organisation de jeunesse de Génération·s
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