[TFCT] Première étape : Lyon



Visite 1 : La ferme pédagogique de la Croix Rousse


Le projet est né dans un conseil de quartier en 2013. A partir de 2014-2015 la ferme a travaillé avec une étudiante de l’université Lyon 2 en sociologie pour mener une enquête afin de déterminer les attentes des habitants et des associations pour cette ferme. Le résultat de l’enquête est un document de 60-70 pages qui sert a orienté les choix de la ferme. Par exemple l’idée c’est d’exploiter qu’un tiers de la surface de la ferme. Elle devra se concentrer sur un but pédagogique.


Le plus dur ça été de trouver un lieu. L’avantage de ce parc c’est que cela évite les problèmes de voisinage. On a d’un côté un internat social expérimental et de l’autre le cimetière de Croix-Rousse. C’est pratique, car les gens veulent plus de nature, mais ont peur du changement.

Il y a un gros travail qui est fait en relation avec le centre social de Pernon pour les activités. Par exemple le lombricomposteur a été construit par un groupe d’enfants. La ferme ne cible pas uniquement les publics jeunes et travaille aussi avec des EPHAD.


Il y a deux types de compostage à la ferme pédagogique. Le compostage citoyen où chaque habitant peut y avoir accès. La ferme y organise des permanences pour que les habitants puissent apprendre à composter. L’autre type de compostage de la ferme c’est le lombricomposteur. Il n’est ouvert qu’aux adhérents, car il appartient à la ferme. Le principe c’est d’utiliser les vers pour décomposer.


Parmi les adhérents il y a un apiculteur professionnel. C’est lui qui a mis en place les ruches mais ce sont les enfants qui les ont décorées.


Il y a un véritable changement entre 4e arrondissement plus boisé et le 1er arrondissement très urbanisé. Une association de naturaliste travaille depuis des mois à répertorier les espèces animales et ils n’ont toujours trouvé aucun amphibien.


Etape 2 : Entretien avec Reynald Guacalome, adjoint à la jeunesse de la ville de Bron. Il nous parle des centres sociaux :


La base des activités d’un centre social est coécrite par les administrateurs, les salariés, les financeurs mais surtout par les habitants. Le projet du centre social doit être intergénérationnel.


L’éducation populaire c’est l’éducation pour tous. Elle vient en complément de l’éducation nationale dans les territoires où vivent les plus fragiles. L’éducation populaire c’est une volonté politique dont le slogan est le vivre ensemble. L’éducation populaire c’est aussi accepter les avis différents, faire en sorte que les citoyens soient acteurs de la vie de leur quartier. C’est donc miser sur l’intelligence collective.


L’éducation populaire c’est l’unique réponse pour les jeunes entre 16 et 18 ans qui sont en décrochage scolaire. Par exemple les centres sociaux prodiguent gratuitement des cours de soutien grâce au bénévolat de professeur·e·s.


Le « Pour Tous » dans l’éducation populaire c’est l’objectif.


On a monté une association qui aide à financer les licences de sport parce qu’entre le prix d’une licence de boxe et une licence de football il y a une différence assez importante.

Un centre social se met en place avec la CAF. Un diagnostic est réalisé sur les territoires où les problèmes sociaux sont importants. Après il y a une mise en commun autour de la table pour essayer de monter un centre social. C’est un processus facilité dans les quartiers « politique de la ville ».


Un centre social associatif ça change tout. Cela permet d’avoir une vraie autonomie dans les décisions de la part du centre social puisqu’elles sont prisent par le conseil d’administration. Il n’y a pas d’ingérence de la part de la mairie.


Le choix politique c’est de laisser le centre social porter plusieurs champs (comme la garderie) en lui donnant la mission d’accompagner un public avec des besoins spécifiques. Par exemple sur Bron le budget des centres sociaux a été doublé. Il s’agit d’une véritable volonté politique et qui a permis de sauver le centre social des Taillis.


Etape 3 : Entretien avec Nicole Flachard, directrice du centre social de Bron


Un centre social se monte à la base dans les années 70 pour régler le problème de la garde des enfants. Le centre social de Bron est un centre associatif, ce qui n’est pas le cas de tous. Ses principaux financeurs sont la ville et la CAF. Chaque centre social doit rédiger un projet qui tient compte de la réalité du territoire où il est implanté pour créer un avancement avec les habitant·e·s.


Le centre social de Bron se trouve dans un quartier politique de la ville. Dans ce quartier il y a deux principaux groupes démographiques, les jeunes, principalement entre 16 et 25 ans, et les senior·e·s. La démarche d’éducation populaire se fait aussi dans un contexte d’un important décrochage scolaire.


Le centre social de Bron est même un centre social-culturel depuis 17 ans. Ce changement a été impulsé par le précédent directeur pour apporter une solution à un manque de culture. C’est à la suite de cette modification que va naître notamment le festival d’art de la rue « CéléBron ».


Lors du festival le centre accueille une compagnie en résidence qui monte un spectacle avec les habitant·e·s et le joue lors du festival.


La directrice actuelle voit le chemin parcouru. Il y a eu une vraie volonté de permettre un accès aux œuvres culturelles. La ville de Bron n’est pas équipée de beaucoup de lieux de diffusion et se base notamment sur la MJC. Il y a une grosse coopération avec la mairie notamment lors du festival « Mon tout premier festival » avec derrière l’idée de permettre l’accès au spectacle même aux plus jeunes.


Le centre reçoit un fort soutien de la municipalité. Par exemple lors de la suppression des emplois aidés, la mairie a permis d’apporter les fonds pour transformer les emplois aidés en poste à plein temps. La mairie fournit 160 000 € au budget du centre social par le biais d’un contrat d’objectif. L’équipe municipale joue un rôle prépondérant. Le changement d’équipe pourrait avoir un impact extrêmement négatif sur le fonctionnement du centre social.


Le centre social a mis en place le SEL un réseau local d’entraide et d’échange. Cette création fait suite à une demande des habitant·e·s, et est animé par les habitant·e·s. Ce réseau s’est développé et dispose maintenant d’un site internet. Cependant il est assez inactif, car les habitant·e·s ne demande pas forcement de l’aide. Par contre ils·elles n’hésitent pas à proposer leurs services.


Le centre organise aussi des soirées trocs, un système qui fonctionne mieux. C’est un moment de partage qui s’accompagne de moments joyeux.


Mais la réussite d’une initiative dépend aussi du territoire sur lequel elle est portée. Par exemple l’association « Vrac » s’est montée pour répondre au constat d’un manque de produits biologiques dans les quartiers populaires. L’association tente donc d’amener le bio dans les quartiers populaires. Dans le quartier de Lyon-Duchère, l’initiative a été une réussite, mais la même idée reprise par le centre social de Bron a été un échec, car les habitant·e·s ont déjà leur propre circuit de consommation. Il faut donc faire attention aussi à tenir compte des habitant·e·s pour établir des projets.


Etape 4 : Entretien avec Rodolphe Poure, directeur de la MJC de Bron


On fait beaucoup de travail sur le rapport aux jeux vidéo, pour améliorer la relation entre les parents et leurs enfants.


Il y a deux ans on a enclenché une véritable transformation de la structure. Comme la plupart des MJC, les pouvoirs publics nous ont mis en difficulté. On a impulsé un mouvement inverse. Il ne faut pas perdre de vue l’objectif qui est l’éducation populaire.


Nous aidons les habitant·e·s à monter leur propre projet. C’est une démarche longue, car il y toujours le problème des adhérent·e·s dont 90 % se voient plus comme des consommateurs d’un service et ne s’impliquent pas. Mais l’éducation populaire des MJC ce n’est pas une activité comme peut l’être la pratique du football en club par exemple.


Pour remédier à ce problème on pense à retirer le principe des adhésions monétaires et à plutôt demander du temps de bénévolat en échange de l’adhésion.


Une MJC c’est très local comme institution. Notre idée c’est de permettre au public du quotidien de tester la démocratie dans des structures où il n’y a pas d’enjeux fondamentaux. Nous donnons des espaces de réflexion pour permettre de se réapproprier la démocratie. C’est un processus qui demande du temps et il faut y aller doucement, redonner un peu de pouvoir régulièrement. On a besoin d’eux, l’intérêt est que l’on travaille ensemble.


Les gens ne se sentent pas écouter. Quand nous leur donnons des espaces de réflexion il y a une vraie défiance. Si les politiques veulent renouer avec l’adhésion des gens il va falloir les écouter. Les politiques devraient être un peu plus à l’écoute du peuple.


On travaillait beaucoup avec les emplois aidés et on doit aussi embaucher des services civiques. On doit le faire, mais on en est pas très fier. Le service civique c’est prendre un·e jeune et lui filer 500 € par mois pour 24 h par semaine.


L’éducation populaire c’est de donner aux gens les clefs de compréhension du monde politique. Par contre l’éducation populaire ce n’est pas mettre 20 000 € sur une compagnie de spectacle mais c’est mettre 10 000 € pour que les gens face un spectacle et le joue.


Organisation de jeunesse de Génération·s
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