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[TFCT] Deuxième étape : Les Yvelines (78)




Tour de France des Communes en Transition – Etape dans les Yvelines (Coignières et Magny-les-Hameaux)


COIGNIERES, 4500 habitants. Didier Fischer est devenu maire très récemment (novembre 2018) dans un contexte extraordinaire et il estime que sa commune en est encore à une phase de transition modeste. Le peu de travail réalisé jusque-là sur les questions écologiques venait par ailleurs directement des agents d’entretien et des salariés de la mairie mais ne venait pas du maire précédent.


Il y a eu peu de valorisation de ces politiques par la précédente équipe. Du fait d’un retour en campagne très rapide mais dans la prévision d’une réélection, les projets environnementaux se mettent en place progressivement. Ils ne pourront cependant être mis réellement en place avant 2020.


L’action sur les questions écologiques jusqu’à 2018 sur Coignières a été limité à :


  • La mise en place du zéro phyto en 2009 ;

  • Installation de ruches par les agents de la mairie au nombre de 12. Cependant, 2 sont mortes du manque de moyens alloués par la mairie ;

  • Pratique du fauchage tardif (ou gestion différenciée) ;

  • Inscription au concours des villes fleuries.


Depuis novembre 2018, Didier Fischer et son adjoint Cyril Longuepée s’activent pour la protection de la biodiversité et la mise en place d’une politique locale écologiste :


Ils ont lancé un recensement de la flore locale pour faire un état des lieux, Didier a ratifié la charte de villes et territoires sans perturbateurs endocriniens, les élus de gauche du Sud des Yvelines sont tous en train de le faire (comme les maires du Perray ou de Magny les Hameaux). Il a également pris un arrêté d’interdiction des cirques avec animaux pour le respect du bien-être animal. Cependant il subit des pressions du lobby du cirque, et le préfet veut lui imposer de retirer son arrêté car il serait « illégal ».


Même si Coignières a été rattachée à l’agglomération de Saint Quentin en Yvelines, le maire définit Coignières comme principalement rurale (et les habitants le ressentent comme tel). La ville a organisé une fête de l’environnement (le 16 juin dernier) en vue de valoriser les productions locales, ce qui n’a pas eu le plus grand succès car les producteurs locaux ont déjà une forte demande dans le cadre des circuits courts.


En revanche cette fête a pu servir d’outil pédagogique auprès de la population ; un genre de focus sur les pratiques responsables/respectueuses de l’environnement et leur accessibilité. Il fallait que la Fête soit un moyen de proposer du concret, des exemples d’initiatives que les visiteurs pourront reproduire chez eux, sans en faire un rendez-vous commercial mais plutôt participatif (installation d’une boite à idée, mise à profit des consultations de quartiers). L’objectif serait de pérenniser l’événement et pour cela la communication est importante.


Nous pensons que c’est une idée géniale et assez inédite pour mener la bataille culturelle. Le coté festif, participatif et pas « vieille action commerciale qui culpabilise les gens », rassemble bien et explique le succès de l’évènement. C’est par ailleurs un évènement global et si la version de cette année était perfectible, il faut garder cette idée en tête, ça peut être un excellent outil d’éducation populaire, si la ville développe la dimension politique de cette fête.

A terme, l’équipe municipale entend inclure des clauses environnementales et sociales (M. le Maire estime que l’un et l’autre sont indissociables) dans les marchés publics futurs. Dans cette démarche, le principal obstacle reste encore la frilosité des partenaires, ce qui limite les réponses aux appels d’offres et une mise en place effective de ces mesures.


Cela n’empêche pas la Mairie de poursuivre ses propres projets dans le cadre de ses compétences :


  • la réhabilitation/mise à niveau thermique de bâtiments municipaux (le bâtiment de la mairie qui date du 19E, les écoles, le gymnase) ;

  • projet de développement des jardins partagés à travers la commune afin d’offrir un support pédagogique aux écoles communales ;

  • projet de végétalisation de la Zone d’Activité, accompagné d’une véritable gestion des arbres et espaces boisés (abattage des arbres morts et leur remplacement, projet de parrainage d’arbres comme à Conflans).


Le maire veut également faire construire un éco-quartier dans la Zone d’Activité qu’il souhaite déjà verdir. Cet éco-quartier sera fait de logements sociaux, amenant Coignières à pratiquement 50 % de logements sociaux.


Un autre chantier en cours – qui devra sans doute être poursuivi dans un autre mandat – est la lutte contre la pollution lumineuse : sur ce point, les équipes municipales doivent trouver/négocier un accord avec la communauté d’agglomération de Saint Quentin Yvelines qui en a la compétence.


Notre regard : Coignières intègre la Communauté d’Agglo en 2016 et, de l’aveu de M. le Maire, la répartition des compétences liée à ce nouveau statut n’est clairement pas une aide, notamment dans les projets environnementaux : absence de dialogue entre les communes, manque de budget, ambition très mesurée… Cela produit souvent des situations où la municipalité n’est pas en mesure d’aller au bout de ses projets.


La ville peut compter sur plusieurs partenaires comme le Centre d’enseignement Horticole et de promotion Privé du Tremblay-sur-Mauldre, pour mettre en place certains de ses projets et bénéficier de leur expertise (le centre forme aux métiers de l’environnement et du paysage).

Un autre soutien d’importance sur lequel pourrait s’appuyer la Mairie dans la poursuite de sa transition, c’est celui du Parc Naturel Régional Vallée de Chevreuse. Pour le moment Coignières prépare une candidature pour s’inscrire ou inscrire une partie de son territoire (zone agricole et vieux Village) au titre de Ville Porte du PNR. A terme, il s’agit d’intégrer pleinement le Parc, afin de pouvoir inscrire ses ambitions environnementales dans le cadre du Parc Régional (notamment pour maitriser l’urbanisation ou lui donner une orientation plus raisonnable et lutter contre une forme de prédation foncière sur les espaces en friches).

Mobiliser les habitants est aussi un des enjeux de la municipalité, ce que ne faisait pas nécessairement la précédente équipe. De fait, il n’y a que peu d’initiatives privées ou associatives pour soutenir les actions de la Mairie, bien qu’elles soient approuvées par la plupart. Des consultations de quartiers ont permis de faire ressortir des thématiques et des préoccupations des habitants : reverdir la ville, multiplier les espaces/jardins partagés, les parcs urbains (et les lieux de rencontre de façon générale) ainsi que le parrainage d’un arbre pour chaque naissance.


Pour conclure, à Coignières, tout ne fait que débuter. L’équipe municipale est ambitieuse pour mettre Coignières en transition au plus vite. La démarche est très importante, les habitants sont inclus dans le processus de transition, ils prennent leurs responsabilités et sont amenés à toujours plus participer. Aujourd’hui, ils sont convaincus par le projet municipal et l’avenir de Coignières sera donc écologiste, social et démocratique.





MAGNY LES HAMEAUX, avec Bertrand Houillon


En 2002, est lancé le projet de transformation du cimetière dans le but de changer de modèle qui date des années 1980. La municipalité fait interdire l’utilisation des produits phytosanitaires (participation au projet « zéro phyto » depuis 2006) et du gravier pour lutter contre les mauvaises herbes : au contraire, les allées sont recouvertes de pelouses et des prairies fleuries sont installées ainsi qu’un arboretum afin de conserver les essences déjà présentes et de les inclure dans le parcours de recueillement des visiteurs. Cette démarche en est encore en phase de test, mais d’ici deux ans, M. le Maire prévoit d‘étendre le principe aux autres parties du cimetière. L’idée étant de favoriser la biodiversité dans la partie de la ville où elle pourra le plus aisément se développer.


La ville mène aussi un partenariat pour une ruche pédagogique avec une association, qui possède 500 essaims, dans le but de faire découvrir le monde des abeilles aux enfants scolarisés dans la commune. D’autres projets pédagogiques ont permis par exemple d’installer des potagers et même un petit poulailler dans les écoles dont l’entretien revient aux élèves et équipes enseignantes.


Dans l’idée de faire participer activement la population à la transition de la ville, des espaces de gestion libre sont dispersés dans plusieurs quartiers : ces espaces sont laissés à la disposition des habitants qui sont libres de l’aménager comme ils le souhaitent (dans le respect du projet « zéro phyto » dont la ville fait partie) et bénéficient d’aide et de conseils des services municipaux pour le faire. C’est un projet qui se développe bien et qui plait déjà. Les habitants sont inclus autant que faire se peut dans la mise en place de la transition.

La ville a fait construire dans une de ses friches une ferme agro écologique où ont pu venir s’installer deux maraichers rassembés en AMAP et un berger pour réaliser un éco pâturage (qui doit bientôt arriver), chacun des exploitants bénéficiant d’une surface de 4000m². Un domaine apicole est aussi prévu.


Contrairement à Coignières, Magny fait partie du Parc Naturel Régional, ce qui lui permet de s’appuyer sur sa législation pour gérer son Plan d’urbanisation en faveur d’une protection plus grande de ses espaces constructibles.


De même pour les espaces cyclables, qui ont été récemment réaménagés, et qui permettent de joindre les différents hameaux et espaces de la ville en continu.


Le maire a fait mettre aux normes énergétiques des centaines d’habitations ainsi que les équipements municipaux comme les écoles. Les écoles sont également dotées de poulaillers.

Bertrand Houillon transforme Magny les Hameaux en laboratoire de l’écologie urbaine et compte beaucoup sur la maison de l’environnement dans le futur.