TFAA - Yvelines

Mis à jour : 26 juil. 2018



Le lundi 9 juillet 2018, le Tour de France des Alternatives Agricoles des Jeunes Génération.s s’est arrêté dans les Yvelines. Nous sommes allés à la rencontre de plusieurs agriculteurs et agricultrices qui ont fait le choix de l’agriculture biologique et de proximité. Les témoignages de ces acteurs sont passionnants et prouvent qu’une alternative à l’agriculture industrielle et intensive est possible et viable.


Céline, SARL RENARD, Saint-Rémy-l’Honoré

Nous avons d’abord visité la ferme de Céline, une maraîchère en agriculture biologique établie à Saint-Rémy-l'Honoré. Sans formation agricole d’origine mais petite fille d'agriculteur, elle a repris en 2006 la ferme familiale. Dans les années 70, son grand-père a de graves problèmes de santé, dûs à l’utilisation de pesticides. Il décide de passer le cap du bio pour protéger sa santé. Les traitements sont exclusivement d’origine naturelle et la ferme Renard vit désormais de son agriculture biologique depuis plus de 40 ans !


Produire bio ne signifie pas pour autant sortir d'une logique de rendement. La SARL de Céline et ses associés est parfaitement rentable, et ses ventes sont stables d’une année sur l’autre. L'entreprise produit aujourd’hui plus de 40 variétés de légumes sur une surface de 12 hectares. Elle fournit actuellement près de 250 paniers d'AMAP dans les villes alentour, et vend sur les marchés de Maisons-Laffitte et des Batignolles à Paris, en plus de la vente à la ferme. Céline vit bien de son métier et apprécie sa qualité de vie. Elle se décrit elle-même comme « une maraîchère heureuse ».


Benoît, LES JARDINS FAMILIAUX, Élancourt

Nous avons fait la connaissance de Benoît, qui nous a fait visité les jardins familiaux d’Élancourt. Les jardins, au cœur de la ville, proposent de louer des parcelles cultivables aux habitants. 63 parcelles sont actuellement disponibles, et l’idée plaît tellement que la liste d’attente s’allonge ! Avec un peu plus de quarante ans d’existence, le dispositif place le partage est au cœur de la philosophie de l'association en permettant à chaque famille de cultiver son lopin de terre. Les différents membres échangent semences, techniques de jardinage, engrais naturels...

Benoît a pour projet d'instaurer un parrainage entre les anciens adhérents et les primo-arrivants pour encourager le partage et l'entraide. Il souligne le rôle central des jardins dans la vie de la commune. Il explique comment les enfants des alentours y viennent découvrir les différentes plantes, et imagine déjà les partenariats possible avec les scolaires.


Pourtant, les jardins sont menacés de destruction par la mairie de la ville. La pression foncière ne les rend pas rentables aux yeux du maire, qui ne voit pas tous les avantages d’avoir un tel cadre au beau milieu d’un centre urbain. Les adhérents qui ont initié un combat contre la mairie dénoncent regrettent qu'elle n'ait pas de considération pour le rôle de création de lien social dans la commune qu'occupent aujourd'hui les jardins.

D’autant que cette initiative citoyenne permet à des familles qui vivent dans des immeubles sans jardin, et n’auraient pas la possibilité de cultiver chez eux. Les jardins offrent la possibilité d’améliorer l'alimentation et de faire des économies en cultivant soit-même fruits et légumes (sans compter le bonheur de passer un après-midi aux jardins !).

L’association propose ainsi une véritable alternative à la consommation industrielle, en plein cœur d’un espace urbain.


Robert, FERME PÉRIURBAINE, Magny-les-Hameaux

Robert Pirès, maraîcher en agriculture biologique, et Bertrand Houillon, maire de Magny-les-Hameaux, nous ont fait visité la ferme périurbaine installée dans la commune en compagnie de Benoît Hamon.

Le projet, lancé à la suite d'une consultation citoyenne en 2013 initiée par la mairie, a pour but de développer une agriculture biologique de proximité. Les habitants de Magny ont largement contribué à l’élaboration de l’appel à projet en faisant part de leurs attentes, plébiscitant l’idée d’avoir un maraîcher de proximité qui puisse alimenter les AMAP de la communauté d’agglomération. Robert a répondu présent et les habitants ont été mis à contribution pour le montage des serres. L’exploitation est d’ailleurs encore en cours d'extension avec l’objectif de construire un hangar de stockage pour fin 2018.


Robert souligne la difficulté d'installation en Île-de-France et le coût élevé du foncier qui complique l'accès à la terre. En effet, les terres agricoles entrent en concurrence avec le prix de l'immobilier et les acteurs qui souhaitent s'installer en agriculture biologique se retrouvent souvent isolés face à la méfiance des agriculteurs conventionnels organisés en corporation. Robert souhaite donc que les initiatives de conversion ou d'installation en bio soient soutenues par une volonté politique forte, qui puisse peser face aux lobbies de l'agro-industrie. Il craint que sans cela, les initiatives comme la sienne ne soient que ponctuelles ou temporaires, et demeurent isolées.

Organisation de jeunesse de
© 2019 - Les Jeunes Génération·s