TFAA - Somme

Mis à jour : 3 août 2018


Le jeudi 26 juillet 2018, le Tour de France des Alternatives Agricoles des Jeunes Génération.s s’est arrêté dans la Somme. Nous sommes allés à la rencontre de plusieurs acteurs, commerce et éleveurs qui ont fait le choix d'une agriculture paysanne de proximité.


Rémi, salarié de l'île aux fruits

Nous avons d’abord rencontré Rémi, auparavant éducateur spécialisé, aujourd’hui salarié de l’Ile aux fruits. Il nous a fait visiter le jardin de cette micro-ferme située à vingt minutes du centre-ville d’Amiens. Il a souhaité lutter contre l’agriculture industrielle et intensive en se reconvertissant dans le maraîchage. Cette “association d’amis” selon son expression relocalise la production alimentaire, sa transformation, sa distribution et sa consommation.


Il y a un an, ils lançaient leur premier marché pour y vendre leurs produits labellisés agriculture biologique mais aussi les produits d’autres producteurs locaux. On y trouve donc en un même lieu festif et convivial des fromages, des vins, des poissons, des yaourts et des légumes locaux et bio. L’association fonctionne grâce à des dizaines de bénévoles actifs, deux salariés et trois services civiques. D’autres postes pourraient être créés pour répondre à la demande des festivals.


Encore en friche en avril, le terrain dispose aujourd’hui d’une grande serre et d’un mandala de plantation en permaculture. Les variétés y sont donc variées: des choux plantés sous les tomates, du basilic sous les poivrons. Loin d’être une mode ou une utopie, la permaculture est un modèle agricole viable auquel ont souscrit en moins d’un an les 2.500 familles adhérentes.Savoir d’où vient ce que l’on consomme, dans quels conditions travaillent les employés, tels sont les critères de plus en plus déterminant chez les acheteurs. La demande des consommateurs est donc bien réelle et s’inscrit dans un projet social et environnemental d’avenir.


Grégoire, éleveur et fabricant de yaourts

Nous avons ensuite fait la connaissance de Grégoire Leleu qui a repris la ferme parentale avec son frère pour en diversifier l’exploitation. En effet, ils ont fait face à un constat : le cours du lait étant depuis trop longtemps en dessous des coûts de production, l’unique vente du lait à Lactalis ne permettrait pas à ces agriculteurs de vivre dignement de leur métier, et encore moins d’embaucher. L’agriculture ne paye pas, et pourtant elle nous est vitale. Les prix très bas pratiqués par la grande distribution et la baisse de la part consacrée par les ménages aux dépenses alimentaires expliquent en grande partie ce manque de rémunération. Or ce modèle agricole, on le sait, ne nous fournit pas des produits sains et de qualité. De plus, le secteur laitier est particulièrement victime de la libéralisation du marché.


La solution pour ces deux frères a donc été de créer de la valeur ajoutée en transformant le lait en yaourt. La vente s’effectue en circuit court dans leur magasin.

La vente à la ferme a le grand avantage de pouvoir ouvrir l’exploitation au grand public et donc de renouer de la confiance entre producteurs et consommateurs. Cette transparence permet de rassurer sur les conditions de vie des animaux et d’améliorer l’image des éleveurs, souvent décriés par les scandales récents.


Cette étape dans la Somme nous confirme donc la périlleuse période que traverse l’agriculture. On le voit, le modèle soutenu par les politiques publiques nationales et européennes va dans le mur. Ces exemples nous prouvent, s’il le fallait encore, qu’une autre agriculture est possible. La transition est déjà en cours, il revient à nous de la soutenir.

Organisation de jeunesse de
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