TFAA - Rencontre avec Benoit Biteau en Charente-Maritime


Avec les militants Génération.s du département de la Vienne, nous nous sommes rendus en Charente Maritime pour rencontrer Benoit Biteau, paysan agronome et résistant.


Convaincus.es que les nouvelles générations paysannes et que le progrès agroécologique germent et s’enracinent partout sur notre planète, les Jeunes Génération.s ont à cœur de s’inspirer du travail de ces acteurs et actrices du vivant, pour porter un projet politique cohérent et ambitieux.


En échangeant avec Benoit Biteau, nous avons très rapidement compris que son métier d’agriculteur ne se cantonnait pas seulement à la culture céréalière et à l’élevage. De part les solutions agronomiques et agroécologiques qu’il met en place, son métier devient alors le rouage central de l’aménagement du territoire et de la préservation de l’environnement. Exemple précis avec l’irrigation du maïs qu’il bannit de son exploitation afin de ne pas contribuer à l'assèchement des cours d’eau, qui en aval, permettent d’alimenter en eau douce les bassins d’ostréiculture. Aujourd’hui, avec les sécheresses répétées et l’exploitation abusive de ce bien commun qui appartient pourtant à toutes et tous, la production d'huître est menacée et pourrait à terme disparaître alors qu’elle pèse pourtant plusieurs centaines de milliers d’euros dans l’économie régionale.


A l’inverse d’une agriculture dite conventionnelle, qui utilise la chimie et nécessite aujourd’hui de brûler 7 calories d'énergie pour produire une calorie alimentaire, Benoit Biteau s’attache à développer un système autonome et résilient, qui contribue à réduire le réchauffement climatique et à plus large échelle permettrait d’assurer la souveraineté alimentaire des territoires.


Si les rendements par type de production sont parfois moins importants qu’avec l’assistance chimique, la cohérence de l’ensemble du système permet de produire plus, tout en préservant la nature. Cet exploit qui découle du bon sens paysan nécessite d’exploiter des ressources totalement gratuites et inépuisables comme la lumière ou l’azote atmosphérique et d’associer des cultures ou des espèces entre elles. Cette pensée systémique offre une autonomie précieuse aux producteurs et aux productrices et permet au monde paysan de vivre dignement du métier de la terre.


Si les alternatives à la logique productiviste et à l’utilisation de la chimie existent et s’appuient sur des modèles économiques et écologiques solides, elles rencontrent de trop nombreux freins dans leur généralisation. Le lobbying de certaines organisations corporatistes et industrielles exercent une pression suffisamment importante pour influencer les pouvoirs publics et flécher les aides financières (notamment celles de la PAC) en faveur d’un modèle qui n’est plus soutenable et qui à terme engendre des coûts sociaux et écologiques bien plus importants pour nos sociétés.


L’agriculture productiviste et la dérégulation des marchés sont dangereux pour la santé des sols, des consommateurs, nuisent à la vie et à l'émancipation des paysans.nes et si demain les politiques n’embrassent pas la transition agricole et alimentaire, ce seront 10 milliards d’euros via la PAC qui continueront à participer à la dégradation des communs.

Pour Benoit Biteau, il faut sortir des logiques curatives pour raisonner de manière préventive. Ajouter à cela du courage et de l’audace politique, pour qu’on puisse s’affranchir de la pressions des lobbies et replacer le débat agricole dans un débat de société pour enfin cultiver et élever au service de l'intérêt commun.

Organisation de jeunesse de Génération·s
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