TFAA - Hauts de Seine


Dans le cadre du tour de France des Alternatives Agricoles, les Jeunes Génération•s 92 se sont rendu•e•s dans deux lieux atypiques du département des Hauts-de-Seine. Nous vivons en effet dans un département à large prédominance urbaine et il est donc rare de trouver des initiatives explicitement agricoles dans un tel cadre.


En premier lieu, nous avons visité la Ferme du Bonheur, à Nanterre. Il s’agit d’une structure associative unique en son genre, qui héberge des artistes et au sein de laquelle il est possible de participer à de nombreuses activités : représentations de théâtre, de danse, tables rondes, concerts …Ces activités ont pour but de défendre un certain modèle de vivre-ensemble, mais également de contribuer au financement des activités générales de la Ferme. Les bénévoles et salarié•e•s de la Ferme élèvent plusieurs espèces animales de manière bio (moutons, cochon, lapins, etc…) et s’occupent de l’entretien d’un petit verger. La région a également accordé, après gain d’un appel à projets, une parcelle de plusieurs hectares en friche à la Ferme dans laquelle sont maintenant cultivées de nombreuses espèces végétales comestibles (courges, céréales, tomates, etc…) selon un modèle de paysannerie du début du 19e siècle. Le traitement manuel de la terre permet de renouer avec des techniques plus saines, proches de la permaculture, mais également de mener des activités agricoles sans le bruit d’appareils mécaniques qui pourrait gêner les riverains de Nanterre qui n’habitent qu’à quelques mètres. A cet égard, nous y avons vu un modèle exemplaire d’inclusion agricole dans un quartier de ville typique. Nous avons été largement mis•e•s à contribution lors de cette visite, durant laquelle nous avons notamment pu apprendre à utiliser la faux et la faucille, désherber manuellement le verger et construire des tuteurs pour les plantations. L’aspect communautaire du projet nous a beaucoup séduit•e•s. Sur cotisation libre, il est possible pour tout le monde de devenir adhérent•e de la Ferme et de participer à ses différentes activités, dont le pâturage des moutons et le travail agricole le dimanche après-midi.

Roger des Près, qui fut à l’origine du projet il y a une vingtaine d’années, défend une version alternative de l’urbanisme. La Ferme permet de créer un véritable poumon vert dans une ville, et plus généralement dans notre territoire, dans lequel la plupart des municipalités sont obsédées par la bétonisation intensive de la voie publique. Le projet de la Ferme porte d’autant plus de sens à nos yeux qu’une partie de la parcelle cultivée serait convoitée pour y faire passer une route à deux voies, avec ce qu’elle apporterait de bruit et de pollution.


Notre seconde visite s’est déroulée à l’Agrocité de Gennevilliers, en compagnie de Mr Patrice Leclerc, maire de Genevilliers. Inaugurée le 11 avril 2018, l’Agrocité a été entièrement construite à partir de matériaux recyclés. Elle possède une toiture végétalisée et est entourée d’un terrain accueillant qui contient notamment un collecteur d’eau pluviale qui permet à ses occupant•e•s d’être auto-suffisants en eau. Les toilettes y sont sèches bien-sûr !

On y trouve des parcelles de maraîchage, individuelles ou communes, mises à disposition de l’ensemble des habitant•e•s du quartier et d’associations, sur inscription. Ces parcelles favorisent la mixité sociale dans le sens où elles encouragent la coopération entre riverain•e•s de différents milieux sociaux dont le but est de cultiver au mieux les légumes. Des ruches ainsi qu’un poulailler vont bientôt être implantés. Aujourd’hui, l’Agrocité compte 126 adhérents et 1 salarié.

L’Agrocité de Gennevilliers fait partie de la stratégie de transition écologique citoyenne R-Urban initiée par l’Atelier d’Architecture Autogérée (AAA) et est gérée, plus particulièrement, par l’architecte Rémi Buscot. L’objectif est de sensibiliser les habitant•e•s et de leur permettre de développer une agriculture urbaine, l’économie solidaire, le recyclage, les habitats partagés… L’Agrocité de Gennevilliers est ainsi un exemple de lieu citoyen autogéré, créateur de lien social. C’est un lieu où l’on peut jardiner, débattre, bricoler, cuisiner, recycler ensemble ; des ateliers y sont proposés en permanence pour découvrir la cuisine végétarienne, la permaculture, la sophrologie, etc... Ce véritable lieu de vie permet aux habitant•e•s de se réapproprier leur quartier et de développer une conscience écoresponsable. La culture des légumes encourage l’apprentissage du rythme des saisons et favorise le dialogue entre les habitant•e•s autour de sujets en faveur de la transition écologique, quelle que soit leur classe sociale.


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