TFAA - Haute Garonne

L’étape du Tour de France des Alternatives Agricoles (TFAA) de la Haute-Garonne s’est déroulée le samedi 22 et le dimanche 23 septembre et a permit de visiter quatre exploitations bio et un festival.


L’exploitation viticole Château Laurou de Guy Salmona à Fronton


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Nous avons commencé notre week-end de visites au Château Laurou à Fronton, propriété de Guy Salmona.


Il travaillait en région parisienne dans l’informatique, chez IBM France, avant de partir

en 1997 en Bourgogne passer un bac professionnel en viti-oeno. Il cherche ensuite à s’installer dans un vignoble du sud de la France, et rachète un grand domaine de 43 hectares à Fronton.


Après un peu moins d’une dizaine d’années en conventionnelle, il décide d’entamer la conversation totale de son exploitation en 2010. La cuvée 2013 est la première cuvée bio du Château Laurou. Il souhaitait par cette conversion produire un vin de meilleure qualité tout en utilisant des techniques plus respectueuses de l’environnement et de la terre qu’il cultive, et se dégager des marges un peu plus importantes. Il considère les aides dont il a pu bénéficier comme un coup de pouce, mais loin de couvrir tous les frais et manques à gagner relatifs à la conversion.


Il nous a exposé les différentes techniques autorisées en bio qu’il utilise maintenant pour

combattre les maladies qui touchent ses vignes. Il pulvérise contre le mildiou du sulfate de cuivre, dont la réglementation est en train d’évoluer. Le nombre de kilos par hectares autorisé par an en bio va diminuer, et le lissage sur 5 ans qui permettait de pulvériser davantage certaines années en fonction de la météo va disparaître. Il utilise aussi certains pesticides naturels à spectre large qui ne font pas la différence entre les insectes, ce qui lui fait dire que « la bio n’est quand même pas tout à fait la panacée ». Ces pesticides peuvent être dangereux pour des insectes utiles comme les abeilles.


Pour certains parasites, il peut quand même utiliser des solutions moins radicales comme la

confusion sexuelle. Des diffuseurs de phéromones désorientent les mâles de certains parasites, notamment les vers de grappe et limite ainsi les accouplements et leur reproduction.


Pour améliorer la qualité du sol sans engrais chimiques, il fait des semis d’engrais vert et apporte du compost lors de la plantation de nouvelles vignes. Il se fait livrer du compost certifié bio, par des usines de compostage qui recyclent les déchets verts des collectivités environnantes.


Guy Salmona emploie 5 personnes à plein temps, aidé de saisonniers certaines périodes de l’année pendant lesquelles plus de main d’œuvre est nécessaire. En viticulture, on compte d’après lui généralement une personne pour 10 hectares.


Pour le moment les 150 000 bouteilles produites au Château Laurou chaque année sont vendues essentiellement en France par les circuits traditionnels. Néanmoins, le but de Guy Salmona est de passer de 5 % à 30 % d’export et de développer la vente directe sur l’exploitation. Le tourisme œnologique est en expansion et le Château Laurou souhaite être une étape de ces circuits touristiques. La salle dans laquelle nous avons été reçus a été aménagée récemment pour recevoir les touristes.


Dans son discours, Guy Salmona dénonce une viticulture à deux vitesses dans la région. Une viticulture de qualité certifiée AOC/AOP cohabite avec une viticulture des vins de pays quasi industrielle, dont le but est d’obtenir des rendements maximaux avec des méthodes conventionnelles. Certains veulent redémarrer cette viticulture industrielle dont la part diminue en France, pour ne pas laisser à l’Espagne les hauts rendements. C’est une erreur pour Guy Salmona qui pense que la France n’en est plus capable, et ferait mieux de se concentrer sur une viticulture de qualité tout aussi rentable, plus valorisante, et plus respectueuse de l’environnement.


La visite de ce domaine nous a permit de comprendre l’ampleur de la difficulté d’un retour à la terre et de la conversion d’une exploitation. Mais elle nous a aussi donné de l’espoir, pour la filière bio.


L’exploitation maraîchère de Xavier Le Clech




Notre visite s’est poursuivie par la visite de l’exploitation « Adden Bio » de Xavier LE CLECH. C’est lui aussi un néo-rural ; auparavant, il était directeur administratif et financier pour une compagnie d’assurance. En tension avec ses supérieurs et lassé de la vie parisienne, il décide de se lancer dans le maraîchage bio. Pour ce faire, il acquiert en 2017 une ferme de 17 hectares à FRONTON dans l’optique de faire du maraîchage diversifié afin d’avoir des « synergies » entre les cultures et de retrouver un modèle d’exploitation qui n’est plus utilisé depuis une cinquantaine d’années.


Il est animé par la volonté d’avoir une exploitation diversifiée et complète (maraîchage, céréale pour faire du pain et paillage, chambres ou tables d’hôtes, ferme pédagogique, transformation

d’aliments). Son modèle est atypique car en règle générale, une exploitation en maraîchage

diversifié se fait une surface de 5 hectares.


Concernant la distribution de ses produits, elle se fait sur un marché mais aussi dans 4 Biocoops de la région toulousaine.


Xavier n’a pas bénéficié d’aide financière à l’installation hormis une subvention de l’AGEFIPH de 5000€ (Association de Gestions du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées).

Xavier a déposé un dossier PAC qu’il ne sera pas sûr d’avoir car aucun DPB (Droit à Paiement de Base) n’est affilié à la terre et que ces DPB sont indispensables pour bénéficier de la PAC. Il nous a fait part de la complexité pour remplir le dossier. Il a été aidé par les agents du conseil

départemental qui offre une aide aux agriculteurs pour remplir leurs dossiers PAC.


L’exploitation de Patricia Lariguet (produits cosmétiques)


Patricia LARIGUET a lancé son exploitation en 2011. Auparavant, elle était chercheuse en

microbiologie des plantes à l’université de Genève. Consciente de l’urgence environnementale, elle se lance dans la production agricole pour « préserver un petit bout de terre » mais également pour réaliser quelque chose de beaucoup plus concret, qui la rapproche du citoyen.

Pour ce faire, elle acquiert une exploitation de 4,25 hectares à LATRAPE, dans le sud de la Haute-Garonne.


Patricia LARIGUET produit des cosmétiques 100% bio et relativement local. En effet, toutes les

plantes nécessaires à la confection des cosmétiques sont produites dans l’exploitation. Pour les ingrédients qu’elle ne produit pas elle-même (comme les huiles essentielles et la cire d’abeille), elle n’achète que des produits certifiés bio à l’exploitant le plus proche. Elle fait également très attention aux emballages des cosmétiques en évitant au maximum le plastique. Elle réfléchit en ce moment à un système de consigne pour pouvoir réutiliser les contenants.


Quand elle a lancé son exploitation, elle a hérité d’un sol très pauvre en matière organique. Pour pallier à cela, elle y a installé trois vaches et un taureau pour pouvoir produire du compost et enrichir le sol. Patricia essaie de limiter au maximum la présence du pétrole dans son agriculture car elle est consciente que cette ressource se fera de plus en plus rare.


Patricia nous a fait part de la lourdeur administrative pour pouvoir commercialiser ses produits.


Elle nous a enfin parlé du label nature & progrès qui est un label favorisant l’agriculture biologique qui possède un cahier des charges beaucoup restrictif que celui du label AB qui, selon Patricia, devient de moins en moins exigeant.


Pour finir la journée, le festival « Alternatiba » à Ramonville-Saint-Agne



Alternatiba est un mouvement citoyen pour le climat et la justice sociale


Né à Bayonne en 2013, il s’est fondé sur deux constats. D’une part, le réchauffement climatique s’accélère, touche les populations les plus pauvres de la planète et menace à moyen-terme les conditions de vie sur Terre. C’est maintenant qu’il faut agir pour nous éviter d’atteindre des seuils d’emballement climatique inarrêtables. D’autre part, des solutions existent et sont à portée de mains, elles n’attendent que nous. Alternatiba veut les montrer, les renforcer et les développer pour changer le système, pas le climat !


Nous avons participé au festival « Alternatiba » de Ramonville dimanche matin dans le but de

rencontrer des acteurs de la transition agricole. Nous avons pu notamment discuter avec le 100e singe, une structure qui accompagne et forme les personnes souhaitant se lancer dans l’agriculture durable. Ils mettent à disposition des futurs agriculteurs, les terres et les outils nécessaires à leurs expérimentations.



Organisation de jeunesse de
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