[TFAA] Agriculture et alimentation : une question de santé publique



L’agriculture ne concerne pas uniquement les paysans.nes. Elle nous concerne tous, en notre qualité d’être humain ayant comme besoin fondamental de s’alimenter. Aujourd’hui le droit de chacun et chacune à se nourrir sainement est mise à mal par les systèmes agricoles industrielles. L’élevage et la culture de la terre s’éloignent continuellement des lois qui régissent la nature.


Interconnexion entre la santé humaine, animale et végétale


Il est temps que chacun prenne conscience que notre modèle agricole et alimentaire est directement lié à un enjeu fondamental de santé publique. Le mouvement « One Health », (une seule santé) est une initiative qui illustre bien cette idée. Leur approche est une vision intégrée de la santé, qui met l’accent sur les interactions entre les animaux, les humains et leurs divers environnements. En effet, l’utilisation parfois abusive des antibiotiques en élevage se répercute par l’apparition d'antibiorésistance chez les animaux mais également chez nous, puisque nous ingérons des résidus de médicaments. Voilà un bon exemple de l’interconnexion qui existe entre divers êtres vivants. La santé animale et la santé de la terre sont en déclin, il est donc inéluctable que cela se répercute sur la santé humaine.


L’impact de l’agriculture productiviste sur notre santé est sans précédent. Au niveau de l’élevage, malgré des efforts importants de la part des acteurs.rices de la filière et une législation qui se durcit, l'utilisation des antibiotiques reste trop importante et les intrants chimiques se retrouvent dans les produits d’origine animale que nous mangeons : viande, lait, œufs etc.. D’autres problématiques inquiétantes sont aussi à soulever, directement liées à l’alimentation : les allergies et intolérances alimentaires en nette augmentation, le surpoids, les carences liées à la diminution des valeurs nutritives des aliments et les problèmes de santé qui touchent les agriculteurs.rices en lien avec l’utilisation des pesticides.


Mieux vaut prévenir que guérir


Il est donc grand temps de construire un nouveau modèle agricole et alimentaire, plus respectueux du rythme de la nature et de l’animal. De nombreuses alternatives se déploient ; que ce soit dans l’élevage, avec la modification des pratiques de soins : accent sur la prévention des risques, limitation des antibiotiques, l’emploi d’une alimentation plus adaptée (micro nutrition), de l’homéopathie, de la phytothéra

pie, ou au niveau des cultures : développement de la permaculture, de l’agro-écologie...


Au-delà de la transition amorcée par le monde agricole, les citoyens.nes, de part la consommation contribuent également à infléchir les logiques intensives. Soucieux et soucieuses de la qualité de leur alimentation, les circuits courts, locaux et biologiques se développent solidement. Malheureusement trop de foyers ne peuvent aujourd’hui accéder à ce qui relève pourtant du droit humain, c’est à dire à se nourrir en quantité suffisante et sainement. Ce sont les plus pauvres qui subissent en premier lieu les désastres écologiques induits par un système productiviste déshumanisé et dénaturalisé.


Si la prise de conscience de l’interrelation agriculture/santé est bien réelle, il reste du chemin à parcourir. Les graines d’un monde agricole alternatif se sèment et les initiatives peu à peu parviennent à changer d’échelle pour réussir demain à se généraliser. Le Tour de France des Alternatives Agricoles et Alimentaires organisé cet été par les jeunes Génération•s permet d’ores et déjà de rencontrer celles et ceux qui nourrissent l’avenir, et de construire ensemble le monde durable de demain.

Organisation de jeunesse de
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