Procès des 1000 vaches : David écologiste contre Goliath productiviste


La ferme industrielle de Drucat dans la Somme / © Photo Sonia Collavizza/ France 3 Picardie

Les Jeunes Génération.s seront au rendez-vous le jeudi 31 mai à Amiens pour soutenir les six militant·e·s de la Confédération Paysanne poursuivi·e·s dans le procès dit des “1000 Vaches”.

En 2013, un permis de construire a été délivré pour construire une ferme-usine de 1000 vaches dans le département de la Somme. Afin d’alerter sur les dangers inhérents à l’industrialisation de l’agriculture, plusieurs organisations se sont très rapidement mobilisées.


Les fermes-usines, désastres écologiques et économiques


La philosophie de ce projet industriel, n’est pas sans poser de sérieux problèmes environnementaux et sociaux. La production laitière y est secondaire. Dans la ferme des milles vaches, c’est le fumier qui rapporte de l’argent. Les déjections animales sont quotidiennement stockées afin d’alimenter un énorme méthaniseur.
La production d’énergie au dépend de celle du lait conduit le gérant et les salariés de l’exploitation à ne jamais faire pâturer les vaches. Elles sont nourries quotidiennement avec des fourrages fermentés et des aliments concentrés à base de soja, le plus souvent OGM.  La physiologie des bovins qui, dans la nature valorisent de l’herbe, n’est donc pas respectée et les organismes sont éprouvés.

Si le bien-être animal n’est pas une priorité, cet élevage, de par la concentration des animaux, l’importation de matières premières sudaméricaines et l’épandage d’une quantité titanesque de déchets non méthanisés, contribue fortement à la dégradation de l’environnement et participe au réchauffement climatique.

De plus, les économies d’échelle réalisées par ces mastodontes de l’élevage ne riment pas systématiquement avec réussite économique car les retombées pour le territoire dans laquelle l’usine est implantée sont minimes. Les volumes considérables de lait produits déstabilisent le marché aujourd’hui libéralisé et le prix de vente reste mécaniquement bas.

Ce phénomène ne fragilise pas l’usine des 1000 vaches puisqu’elle produit du méthane nettement mieux valorisé que le lait. Mais à terme, les paysans, eux, qui exercent leur métier avec passion, ne se rémunèrent plus. Ils croulent sous les dettes et disparaissent. L’agriculture productiviste conduit ainsi à creuser la tombe des territoires ruraux. Trois petites fermes valent mieux qu’une usine. Un tissu agricole dense, c’est la garantie que plusieurs familles restent et s’installent sur un territoire. Ainsi les services publics se maintiennent et la vie rurale ne cesse jamais.


Refuser la criminalisation de l’action syndicale


Parmi les organisations mobilisées contre cette ferme-usine, on trouve la Confédération Paysanne, un syndicat qui défend l’agriculture et ses travailleur·euse·s. Animée par des valeurs de solidarité et de partage, la Conf’ milite pour une agriculture aux antipodes du productivisme et de l’hyper-concentration. La notion de modèle paysan qu’elle fait valoir, intègre pleinement les dimensions sociales, agronomiques et environnementales dans la production agricole. C'est une alternative  à l’agriculture industrielle qui permet la revitalisation de nos territoires.

En 2014, les syndicalistes lors de deux actions non violentes ont symboliquement démonté des éléments de la future salle de traite de la ferme-usine des 1000 vaches en construction. Suite à cette action, 6 militant·e·s de la Conf' ont été poursuivi·e·s. Leur procès aura lieu ce 31 mai au tribunal d’Amiens.

Lors de la dernière audience pénale, en appel, la justice a reconnu cet acte comme « relevant d’une action de lanceurs d’alerte ». Mais cela n’a pas empêché les gérants de la ferme-usine de réclamer plus d’une centaine de milliers d’euros de  « dédommagement », somme totalement disproportionnée.


Les Jeunes Génération.s mobilisé.e.s pour un autre modèle agricole


Pour soutenir ces militants de l’agriculture paysanne, Génération.s sera présent ce jeudi 31 mai à Amiens, avec d’autres organisations syndicales et associatives, aux côtés de la Confédération Paysanne.


Nous affirmons avec fermeté notre opposition au modèle intensif, destructeur de valeurs éthiques et morales. A la différence d’Emmanuel Macron et du Ministre de l’agriculture, nous ne flirtons pas avec les lobbies de la malbouffe. Au contraire nous défendons un système agricole et alimentaire résolument moderne, émancipateur pour les paysan·e·s qui aspirent à vivre décemment de leur métier et capable de relocaliser les activités économiques au cœur des territoires. En somme, une agriculture respectueuse de l’environnement et garante de la biodiversité ; productrice d’une alimentation saine et de bonne qualité accessible à tou·te·s.


Rejoignez-nous le jeudi 31 mai à 9h à Amiens, face au Palais de justice, pour prendre part à cette mobilisation paysanne.

Organisation de jeunesse de Génération·s
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