Premier Numéro - Susciter l'espoir



Que reste-il du “nouveau monde” que prétendait incarner En Marche pendant la campagne présidentielle ? Assurément plus grand chose, le vernis marketing, féministe et environnemental du gouvernement Philippe s’est rapidement dissipé derrière l’absence de volonté politique pour mettre en oeuvre plus de démocratie et amorcer la transition énergétique. Des grands appels à faire de la politique autrement, il ne reste plus qu’une vieille forme de paternalisme bien connu, mêlé à un ultralibéralisme qu’on voyait déjà poindre depuis les années 70. Derrière les oripeaux de la “modernité”, le prétendu dépassement du clivage gauche / droite n’était que le prétexte à la réunion entre la bourgeoisie de droite du secteur privé et de celle des élites technocratiques de “gauche” derrière un programme purement gestionnaire de démantèlement de l’Etat Providence.


En adoptant pour unique horizon politique des objectifs exclusivement comptables d’orthodoxie budgétaire et de compétitivité par le coût du travail, la sociale-démocratie a progressivement abandonné la réflexion sur la manière de changer la vie du plus grand nombre, jusqu’à en perdre sa raison d’être et tout corps idéologique. Mais cette social-démocratie en fin de cycle qui ne s’embarrasse même plus d’un voile de justice sociale n’a pas fait que repousser la transition énergétique et réduire les marges de manoeuvre de celles et ceux qui se battent pour améliorer leurs conditions d’existence, elle a aussi miné l’espoir d’un contre-modèle à la société actuelle. En renonçant à incarner une alternative

sociale, démocratique et écologique à une société qui précarise le plus grand nombre autant qu’elle enrichit une minorité sans considération pour le devenir de la planète, cette gauche qui a amené Macron au pouvoir porte la responsabilité d’avoir délaissé la bataille des idées, déroulant ainsi le tapis rouge aux discours néolibéraux et conservateurs.


A l’heure où une majorité de français se dit opposée à l’accueil des exilé.es qui fuient la guerre et où les chaînes d’information en continue servent de caisse de résonance à un prétendu mérite qui déterminerait qui seront les premiers de cordée et qui “ne seront rien”, il est de notre devoir de reprendre le flambeau de la bataille culturelle. De mener le combat sur le terrain des idées pour défendre un projet de société alternatif, socialement émancipateur, écologiquement durable et démocratiquement populaire.


Voilà l’enjeu de cette revue dont se dotent les Jeunes Génération.s. N’attendons pas que quelqu’un le fasse à notre place : c’est à nous de réinjecter de l’espoir dans le changement, d’innerver le débat public et d’imposer la question sociale, environnementale et européenne face aux questions identitaires.


Toi aussi, viens écrire le projet de la gauche du 21ème siècle et participe à la revue collaborative des Jeunes Génération-s !

Organisation de jeunesse de
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