Le mois de service national obligatoire entérine le mépris d'Emmanuel Macron pour la jeunesse


Arnold JEROCKI / POOL / AFP

Les Jeunes Génération-s s'opposent fermement au projet d’instauration d'un service national obligatoire sous la forme révélée par Libération le mardi 26 juin 2018


Cette proposition témoigne d'un profond mépris et d'une incompréhension des problématiques de la jeunesse. Plutôt que de répondre à la précarité et de montrer que la République peut offrir un avenir à la jeunesse, le gouvernement Philippe préfère les coups de mentons paternalistes.Cette logique démagogique ne vise qu’à faire payer aux jeunes de 16 ans la reconquête de l'électorat conservateur.  


Les jeunes n'ont pas besoin de se voir imposer un service national et n’ont pas attendu Emmanuel Macron pour avoir “des causes à défendre”. Il n'existe pas d'engagement sous contrainte. L'immobilisation forcée de 850 000 jeunes ne permettra jamais ni d'augmenter le soutien à “un sentiment d'appartenance nationale”, ni de “construire une société plus résilience”, objectifs conservateurs et technocratiques, à mille lieux du quotidien des jeunes.


Le tour de passe-passe qui fait de l'Éducation Nationale le Ministère en charge du projet confirme la gêne d’un gouvernement qui sait que c'est à l'école, et non à un projet coercitif, de faire ce travail. A ce titre, supprimer deux semaines de cours est un non-sens. Enfin, le coût total évoqué (de 1 à 3 milliards par an) est tout à la fois ridiculement sous-estimé et augure d'une qualité bien médiocre de ce mois d'immobilisation; mais il montre aussi l'immense gâchis financier que représente le service national obligatoire, à l’heure où les APL ont été à nouveau rabotées de 5 euros.

Si Emmanuel Macron souhaite réellement redorer le blason de la République dans le coeur des jeunes, qu’il commence par cesser les attaques politiques permanentes à son encontre. Sélection, baisse des aides sociales, précarisation d'une classe d'âge déjà fragile sur le monde du travail : l'action d’Emmanuel Macron pour les jeunes se résume à une logique comptable de réduction des dépenses, de mise en concurrence et de coups de communication permanents.


Les Jeunes Génération.s appellent au contraire à des politiques de confiance envers la jeunesse. Qu'Emmanuel Macron nous dise comment il va réellement lutter contre le réchauffement climatique dont nous allons faire les frais. Qu'il reprenne la voie d’une  réelle démocratisation de l’enseignement supérieur, permettant à chacun de poursuivre les études de son choix et d'affronter les défis du siècle. Qu’il mette en place un revenu universel supérieur au seuil de pauvreté pour les 18-25 ans qui leur permette d'étudier dans de bonnes conditions et d'exiger des emplois stables et mieux rémunérés. Qu'il mette fin aux discriminations subies par trop de jeunes, nés au mauvais endroit, avec la mauvaise couleur de peau, avec la mauvaise orientation sexuelle. Alors peut-être le lien de confiance pourra être retissé entre la République et sa jeunesse. Pour l'instant, ce mois de service national obligatoire entérine le profond mépris de “La République en Marche” pour la jeunesse de ce pays.

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