La démocratie fait ses adieux en Israël


Crédit : Koby Gideon/GPO

L’affaire Benalla a presque fait passer inaperçue l’adoption ce 19 juillet dernier par le Knesset israélien d’une réforme de sa Loi Fondamentale, qui décrit désormais le pays comme « foyer national du peuple juif ». La réforme détermine de la même façon Jérusalem comme capitale complète et unie du pays, et rétrograde la langue arabe de langue d’État à un statut spécial indéterminé.


Par sa différenciation des statuts et des privilèges entre juifs et non-juifs, la nouvelle Loi Fondamentale construit structurellement une inégalité profonde et insupportable en terme de droits de l’homme et des minorités. La mention de la compétence d’État pour « développer les implantations juives comme valeur nationale et faire en sorte de les encourager et les promouvoir » constitue de la même manière une confiscation de l’État au profit des intérêts d’une seule religion, dans un pays où la population arabe représente près de 20% de la population. La volonté d’une majorité ne saurait justifier de telles atteintes aux droits des minorités.


La démarche nationaliste du gouvernement d’extrême-droite de Benjamin Netanyahu construit ici un territoire d’apartheid basé sur la religion et sur l’origine, établissant de fait une démocratie illibérale en Israël au sein de laquelle les droits des minorités et des peuples sont systématiquement bafoués. Ainsi, le terme démocratie n’est pas employé une seule fois dans la nouvelle Loi Fondamentale.


Cette nouvelle s’inscrit dans une dynamique globale de remise en cause des droits des minorités, et notamment des droits des minorités arabes et musulmanes, et fait suite à l’établissement de l’ambassade des États-Unis à Jérusalem et à la reconnaissance états-unienne de Jérusalem comme capitale d'Israël, en conflit direct avec les recommandations de l’ONU et les lignes d’armistice de 1949. Un soutien d’une telle ampleur pour une politique de colonisation et d’apartheid ne saurait que créer une situation insupportable pour les arabes d'Israël et pour les palestiniens et éloigne d’autant plus la perspective d’un accord de paix et de stabilisation entre l'Israël et la Palestine.


Au contraire, les Jeunes Générations en appellent au retrait de cette Loi Fondamentale liberticide et dangereuse pour la démocratie en Israël et les droits des peuples et des minorités. Les Jeunes Générations demandent le retour de l’ambassade américaine à Tel-Aviv, condition sine qua non à la construction d’un accord de paix durable et stable entre l'Israël et la Palestine. Les Jeunes Générations en appellent par ailleurs à l’Etat israélien de respecter les frontières de 1967 et de mettre fin à la politique de colonisation et d’apartheid en Israël.


Les Jeunes Générations se placent en soutien avec leurs camarades israéliens qui militent quotidiennement pour un Etat démocratique, respectueux des droits de l’homme et des minorités en se mobilisant contre le gouvernement nationaliste d’extrême-droite de Benhamin Nethanyahu, et qui, communément avec leurs camarades palestiniens, se battent pour un accord de paix juste et durable entre l’Israël et la Palestine.

Organisation de jeunesse de
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