Hong Kong : la Liberté contre l'impérialisme


AFP/Isaac Lawrence

"Un pays, deux systèmes"

Telle était la déclaration de Deng Xiaoping en 1997, quand le Royaume-Uni, après un siècle de colonisation, procéda à la rétrocession de cette région. L'idée était d'opérer une transition vers le modèle chinois, Pékin s'étant engagé dans l'acte de rétrocession à garantir pendant 50 ans, l'autonomie de Hong Kong.


Depuis le 31 mars, les hongkongais découvrent le système chinois. À la demande de Pékin, les autorités (la présidente nommée par la Chine, la première) durcissent la répression, la police tire des balles en caoutchouc dans les foules de manifestants, envoie des lacrymos dans les stations de métro, et les rassemblements sont interdits. Des membres présumés des triades (mafias) chinoises ont agressé des manifestants à coups de barres de fers.


La Chine promet des sanctions économiques vis à vis d'Hong Kong et profère des menaces d'invasions, en réaction à ces protestations.

Ces protestations répondent initialement à un amendement visant à introduire l'extradition des criminels hongkongais vers la Chine, une mesure perçue comme une ingérence chinoise dans le fonctionnement de la justice de Hong Kong.


Mais cet amendement n’était qu’une étincelle. Désormais les manifestants réclament la même chose que les précédents mouvements sociaux à Hong Kong, une réforme démocratique, et c’est précisément cela qui pousse la Chine à proférer des menaces d’invasions.


La Chine aspire à l'unité nationale, à tout prix. Pour se faire elle supplante les populations locales en implantant des membres du groupe majoritaire, les Han, au Tibet, au Xinjiang, et à Hong Kong entre autres. Pour la même raison, elle a depuis peu instauré des camps de "rééducation", pour les Ouïghours (ethnie du Xinjiang).

L’assimilation chinoise de Hong Kong prend également une forme économique, notamment au niveau des transports (ferroviaire et aérien), ce qui explique l’occupation le 12 août de l’aéroport de Hong Kong.

L’assimilation à marche forcée de Hong Kong, terrorise la population, qui craint pour ses libertés, alors que la Chine renforce la surveillance de sa population.

La première revendication des manifestants était l'annulation du projet de loi visant à permettre l'extradition de condamnés vers la Chine.


Cette mesure a inquiété l'ensemble de la société, notamment les milieux d'affaires hongkongais, et a donné lieu à des mobilisations rassemblant jusqu'à un million de manifestants, régulièrement, tant et si bien que ce projet a depuis été suspendu.

Mais rapidement, les revendications démocratiques qui avaient déjà émergé en 2014 à l'occasion du mouvement des parapluies se sont fait entendre à nouveau dans les cortèges.

Les manifestants réclament désormais l'établissement d'un gouvernement hongkongais élu au suffrage universel, qui ne soit plus nommé par Pékin.


Cette lutte contrecarre directement les intérêts du gouvernement chinois, intérêts économiques notamment, mais aussi idéologiques. Hong Kong refuse l'assimilation à la Chine et la disparition de tout espoir démocratique, alors que Pékin entend construire un Etat à peuple unique, sans singularité régionale, et refuse toute modernisation démocratique.


La répression de la mobilisation par l'exécutif de Carrie Lam (présidente de Hong Kong), a durci les revendications populaires, qui sont désormais la démission de la Présidente mais aussi l'indépendance de la justice et l'indépendance durable de Hong Kong.


Ces nouvelles revendications ont fait perdre le soutien des milieux d'affaires à la mobilisation initiale, et ont été suivies par des menaces chinoises de plus en plus lourdes.


Les milieux affairistes hongkongais craignaient l'extradition dans la mesure où leurs opérations commerciales en Chine auraient pu les inquiéter et les faire juger en Chine, néanmoins ils demeurent sensible à la relation de Hong Kong avec la Chine et donc ne souhaitent pas s'en éloigner.


L’autre question qui émerge progressivement des mobilisations est celle de l'inégalité des richesses à Hong Kong. Ce petit territoire, est une place forte financière asiatique, ainsi c'est la deuxième ville comptant le plus de milliardaires sur la planète mais aussi celle où le marché immobilier est le plus élevé sur terre.


Ces manifestations sont aussi l'expression de cette fracture sociale. Les milieux d'affaires et d'autres milieux aisés dans la société hongkongaise sont favorables à l'assimilation de leur région par la Chine, assimilation qu'ils voient comme l'occasion de développer leurs relations commerciales.


Le reste de la société hongkongaise, moins favorisée, s'oppose à cette assimilation, consciente de la réduction drastique des libertés publiques et des libertés au travail qui en résulterait.


Courant août des contres manifestations “spontanées” ont eu lieu pour soutenir Pékin, Carrie Lam et la police. Dans ces manifestations on retrouve beaucoup moins de jeunes que dans les manifestations “démocraties” et surtout ont retrouvent des cadres, en nombres, qui remercient la Chine et apprécient sa croissance économique hors norme.


Les réactions internationales ont été timides. Si Justin Trudeau (Premier ministre du Canada) a mis en garde la Chine contre une répression militaire (300 000 canadiens résident à Hong Kong), et que d'autres pays ont fait de même, les réactions restent limitées.

Les réactions européennes notamment sont faibles. Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé sur le sujet (provoquant une gêne parmi les députés LREM, au point que certains aient signé une tribune pour demander que la France s'exprime).


Alors que l'Europe, la France y compris, devient dépendante de la Chine sur les plans économiques et technologiques, l'heure n'est plus aux remarques quant au respect des droits de l'Homme et du droit international par la Chine.


Alors que les blindés chinois sont à la frontière de Hong Kong, et laissent présager le pire, un nouveau Tian'anmen, une vague sanglante de répression, l'Europe ne dit rien.


Ironiquement, de République Populaire communiste, la Chine est devenu l'un des pays capitalistes le plus impérialiste, et à ce jeu pourrait bien battre les Etats-Unis.

Face à de tels pays, qui renforcent le capital et l'utilisent à des fins de domination inter-étatique, la nécessité d'une Europe forte, soudée contre l'impérialisme et contre le capital est criante.


La Chine entend avaler Hong Kong, et museler un peuple qui s'oppose à elle, elle entend détruire Taïwan, île indépendante. Loin de l’Asie, la Chine étend sa route de la soie sur l'Europe pour l'affaiblir, et investit massivement dans des entreprises aux allures coloniales en Afrique.

Toutes ces opérations, menées afin d'assurer une domination économique, sont sources d’une instabilité grandissante, en Asie (en mer de Chine notamment) et en Afrique.


Internationalistes et profondément attachées à la démocratie et à la paix, les Jeunes Génération·s s'opposent à cet impérialisme, à ce capitalisme armé, prêt à briser des foules, des gouvernements et des nations, pour préserver une domination économique.


Le droit des peuples à disposer d'eux mêmes doit être défendu.

Organisation de jeunesse de
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