[TFCT] Etape introductive à Grande Synthe

Mis à jour : 8 août 2019



Avant le lancement du Tour de France des Communes en Transition, Mario Fernandez & Enzo Bonnaudet ont pris l’initiative de se rendre sur la commune de Grande Synthe pour voir ce qu’il s’y passait. Ils nous racontent.


Grande-Synthe : une ville en transition dotée de moyens conséquents


Située dans la région Hauts-de-France, Grande-Synthe est la seconde ville de la Communauté urbaine de Dunkerque (CUD) et au carrefour de problématiques économiques, écologiques et migratoires.


Avec une population de 23 406 habitants, la désindustrialisation du territoire se manifeste par des taux de chômage et de pauvreté élevés (29,2% et 30% respectivement). Dans le même temps, 1% des entreprises représentent 44% des emplois territoriaux, suscitant un vif sentiment de risque économique.


Pourtant, l’industrie locale « pèse » pour d’autres raisons.


Fortement dépendantes des énergies fossiles, 18 installations sont classées comme sources de pollution dans une zone de risques nucléaires et maritimes. Afin d’améliorer la santé et la sécurité des habitants, Grande-Synthe doit garantir sa résilience écologique tout en veillant à sa vitalité économique. En 2011, le conseil municipal a voté à l’unanimité une politique de transition vers une ville décarbonée, résiliente et solidaire. Avec l’objectif de développer une nouvelle manière de vivre individuellement et collectivement, les politiques de Grande-Synthe sont axées autour de la transition économique, la souveraineté alimentaire, les énergies renouvelables, les liens sociaux et la citoyenneté active.


Une nouvelle économie pour Grande-Synthe


À long terme, Grand-Synthe souhaite réduire sa dépendance envers les industries polluantes. Consciente du besoin de modèles alternatifs, la Mairie consacre 4 millions € de son budget à l’action économique territoriale.


Dans le cadre de ces objectifs, l’initiative OSE (“On s’entreprend à Grande-Synthe”) a été lancée en 2017 avec l’appui de la Banque publique d’investissement. Identifiant les projets d’entreprise à impact écologique et social, la ville permet aux habitants de développer leurs idées, de mobiliser des ressources, de trouver des partenaires et de participer à des formations. Depuis 2019, Grande-Synthe propose également un Revenu de Transition écologique (RTE) qui doit permettre d'aider ceux qui veulent changer d'activité pour être plus en phase avec les impératifs environnementaux. Il consiste à verser une aide financière et offrir un accompagnement à toute personne ayant une activité à impact écologique et social.

Changer d’économie, c’est aussi travailler sur les échanges. Sur ce front, Grande-Synthe a lancé en janvier 2017 Troc&Co, une maison de troc de biens et de services entre habitants. Inspirés par Robert Owen, Josiah Warren et Pierre-Joseph Proudhon, ce système repose sur sentinas, une monnaie-temps dont la valeur est mesurée par heures cumulées (1 heure = 60 unités). Recevant 300 sentinas en s’inscrivant, les adhérents déterminent leurs modes d’échange via un réseau interne.


Troc&Co regroupe plusieurs objectifs. Au-delà d’un espace non-marchand, ce projet tisse des liens basés sur la confiance et la réciprocité. Plus qu’un espace d’échanges, la maison devient un véritable lieu de vie pour les adhérents, un espace où, selon le site de Troc&Co, “chacun est le bienvenu pour apprendre, faire des rencontres, tisser des liens mais aussi améliorer son pouvoir d'achat”.


Vers la préservation des ressources et l’émancipation


Dans ses nouveaux projets de réhabilitation urbaine en partenariat avec l’ANRU et des promoteurs privés, la commune s’attache à réserver des espaces à des jardins partagés ou fermes urbaines multiservices, lieux de sociabilité et de culture. De plus, elle privilégie les plans de construction les plus efficaces sur le plan énergétique, à l’image de bâtiments à énergie positive ou à empreinte carbone 0, ainsi qu’aux nouveaux réseaux de chaleur mis en place pour valoriser l’énergie “fatale” produite par l’industrie. La réflexion sur l’économie des ressources couvre également le recours aux matériaux de construction, Grande Synthe ayant choisi pour son nouvel espace de Santé un bâtiment conçu comme “éco-construction” (“cradle to cradle”, ou “du berceau au berceau”), dont chacun des éléments peut être démonté et réutilisé.


En complémentarité avec les politiques amorcées par la municipalité, “L’Atelier”, université populaire mise en place par ville, illustre une volonté de mettre l’accent sur l’éducation populaire.


Une prochaine étape sera organisée dans l’agglomération de Dunkerque et les Jeunes G retourneront à Grande-Synthe, on vous en dira plus un peu plus tard. Patience.

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