Compte-rendu de la 3e étape du TFSE à Reims



Les acteurs rencontré.e.s


Pour cette étape rémoise, nous avons décidé de rencontrer deux associations qui agissent en

faveur de la solidarité et de l’inclusion sur le territoire rémois. Il s’agit de l’association ATD

quart monde, qui vient en aide aux personnes en grande précarité, et l’association Le regard au bout des doigts qui vient en aide aux personnes mal et non voyantes et mène également des actions de prévention.

Reims est une ville qui a réélu le maire LR Arnaud Robinet à 66%. Ce maire mène une politique en faveur du centre-ville qui délaisse totalement les quartiers populaires. Pendant le confinement ce sont donc les associations qui y étaient présentes. ATD y a fait du porte à porte, pour savoir comment vivaient les personnes précaires et qui leur apportaient des informations. Ces familles rencontrent des problèmes auquel nous ne pensions pas. Ainsi, une mère seule avec plusieurs enfants ne savait pas comment faire garder ses enfants alors qu’elle devait aller faire ses courses et que seule une personne par foyer était autorisée dans les supermarché pendant le confinement.


Thématiques abordés


La cécité est un handicap connu mais souvent mal compris. Il n’existe pas une cécité mais plusieurs, c’est-à-dire qu’il existe plusieurs maladies liées à la déficience visuelle.

La covid-19 a apporté des problèmes supplémentaires dont nous n’avons pas forcément conscience. Par exemple, comment une personne aveugle peut-elle se rendre compte de la distanciation physique ? Comment peut-elle savoir sur quelle chaise s’asseoir dans les transports en commun ou dans les cinémas ? C’est tout ce nouveau quotidien lié à la crise sanitaire qui rend la vie des personnes en situation de handicap plus difficile. Les mesures barrières les plus simples sont compliquées à appliquer comme le lavage des mains au gel à l’entrée des magasins. La conséquence de ces mesures barrières est un enfermement, une peur de sortir et donc une exclusion de la société.


Ce qui ressort beaucoup c’est le manque d’information à la fois à destination des malvoyant.e.s mais aussi celles qui permettraient aux voyant.e.s de mieux comprendre leur situation.


L’association nous a expliqué qu’ils ont souvent des problèmes avec des vigiles peu renseigné.e.s sur ces situations spécifiques (refus d’accès aux chiens, réprimande car la personne n’a pas vu le gel à

l’entrée etc).


ATD, nous a témoigné de la situation difficile des personnes en situation précaire pendant mais surtout après le confinement d’avril 2020. Des familles qui doivent nourrir matin, midi et soir des enfants habituellement à la cantine.


Pour la jeunesse la situation est extrêmement compliquée, surtout pour les jeunes issus de la voie professionnelle et de l’apprentissage. Certain.e.s ont vu leur formation non validée parce que leur stage n’a pas pu se faire, d’autres ont souffert du manque d’accompagnement pendant le confinement et ont décroché.


De plus, ATD voit chaque jour les inégalités se creuser au sein même de la jeunesse. Pour les personnes en situation de grande pauvreté, le sentiment d’être exclu de la société est aussi très fort.


Pour faire face à cette exclusion, ATD veut impliquer au maximum les bénéficiaires au fonctionnement de l’association. Ainsi, les bénéficiaires sont appelé « militant.e.s » afin de ne pas leur coller une étiquette et leur donner toute la place qu’ils et elles méritent dans le fonctionnement d’ATD.


Propositions politiques


Les personnes non-voyantes et malvoyantes font face à des difficultés financières. Du fait de leur handicap, ces personnes n’ont pas forcément un travail qui les rémunèrent correctement. De plus, tout matériel adapté coûte très cher (téléphone, canne ...). Leur principal intermédiaire avec l’Etat est la MDPH, un organisme départemental. La MDPH propose des aides assez obscures, et les personnes handicapé sont souvent mal informé de leur droit.


Le Revenu Universel d’Existence, complété par une aide globale pour les personnes mal et non voyantes, serait une réponse pertinente à cette situation.


Nous parlions ci-dessus de l’accès à l’information. L’information aujourd’hui est surtout transmise par la voie numérique. Un outil très compliqué à utiliser pour les personnes dans cette situation. L’état devrait mettre en place plus de moyens pour qu’elles puissent bénéficier d’aidant.e.s ainsi que le demandent depuis plusieurs années les associations rencontrées.

Le développement des transports en commun, leur gratuité est une étape dans l’inclusion des personnes malvoyantes et non-voyantes. En effet, elles n’ont pas le droit de conduire mais ont de même besoin de se déplacer.


De nombreuses villes aujourd’hui mettent en place des plans vélo dans lesquels la place des personnes en situation de handicap n’est pas toujours prise en compte alors que des aides financières pour l’achat de vélo adapté seraient par exemple possibles.


Le logement est un véritable enjeu pour toutes les personnes en situation de handicap. Aujourd’hui, la loi oblige seulement 10% des nouveaux logements construits à être accessibles à tous.tes, contre 100% il y a encore quelques années. Cela constitue un véritable recul qui traduit une incompréhension des personnes vulnérables. Les associations attribuent notamment cette incompréhension au manque de représentativité des personnes handicapées dans toutes les sphères de la société et notamment en politique. Pourtant, les personnes connaissant des situations de handicap représentent 28% de la société française.


ATD multiplie les actions pour faire du lien social et pour donner des informations aux personnes précaires souvent isolées et exclues. L’association met en place des bibliothèques de rues, qui permet aux jeunes d’avoir accès à des livres et aux adultes de discuter et échanger avec les bénévoles de l’association sur les solutions possibles pour pallier à leur difficulté. A travers cette « simple » action, ATD crée du lien sociale grâce à la culture.

La jeunesse est aujourd’hui dans une situation très préoccupante, ATD et de nombreuses autres associations le constate chaque jour. Les images des jeunes faisant la queue aux restaurants du cœur sont terribles. Le constat est sans appel, la jeunesse est oubliée des politiques publiques. C’est la raison pour laquelle ATD s’engage pour que le RSA soit ouvert au moins de 25 ans.


L’association pense aussi qu’il faut reformer l’orientation des jeunes. Ils rencontrent trop souvent des jeunes qui sont surorientés dans différentes structures (SEGPA, IME ...) et par conséquent désorientés.

Organisation de jeunesse de Génération·s
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