Compte-rendu de la 2e étape du TFSE à Marseille


Pour cette étape nous avons rencontré Marie, chargée de mission de la région PACA à

la Cimade.


La Cimade c’est une association vieille de 80 ans, qui s’est engagée dans l’aide aux réfugiés et

migrants et notamment dans l’aspect d’aide juridique. L’association a une existence nationale,

mais la spécificité de Marseille entre la proximité géographique avec l’Italie et la Méditerranée

influe grandement sur les formes d’engagement que prend la Cimade localement. Ils donnent

également des cours de Français, organisent des campagnes de régularisation pour les sans

papiers. Sinon quotidiennement c’est 80 personnes qui viennent aux permanences juridiques.

Ils font face à beaucoup de problèmes ça constitue une violence mentale importante pour les

bénévoles.


Il y a une forte mobilisation au cours du confinement a été organisée par des collectifs, la

Cimade y a participé et a dépassé le cadre de ses missions habituelles, en ouvrant une aide

alimentaire et en cherchant des logements d’urgence. L’Etat avait littéralement disparu, il n’y

avait plus rien, les réseaux associatifs se sont beaucoup débrouillés seuls, ça a créé pas mal de liens entre les associations marseillaises.


Il y a des motifs d’espoir localement avec le Printemps Marseillais. Parce qu’ils n’ont jusque-

là que très peu d’aide, ils fonctionnent sur les adhésions et les dons. La plupart des locaux associatifs sont prêtés, c’est très peu pratique.


Il y a une vraie volonté de projet avec le Printemps Marseillais, notamment une Maison des

Solidarités, maisons de soin. Le PM permet enfin de pouvoir échanger avec les autorités

locales, il y a un besoin important de construire des espaces physiques pour faire valoir les

droits des migrants, les périodes de confinement font disparaitre trop de ces espaces. La

situation est gelée. C’est ce qui créé un business malsain avec des hôtels miteux.


La Cimade assume de porter un message politique, de réfléchir à une alternative politique sur

la question migratoire, à un échelon national. Ils estiment qu’il y ait une déshumanisation du

traitement des migrants. L’Etat essaient de se débarrasser des migrants, ils font tout ce qui

est possible pour ne pas les accepter. Les interactions entre la Cimade et l’Etat sont de l’ordre

du « on ne s’insulte pas » mais clairement « on n’est pas dans le même camp ». Du coté de

l’Etat et des collectivités territoriales, ça a passé un cap, tout a été fait pour que ça ne

fonctionne pas.


La Cimade veut déconstruire les mythes sur les migrants qui gagnent 1500 euros d’aide par

mois. Ils organisent des campagnes sur le sujet ainsi que sur d’autres, font de la pédagogie

auprès des écoliers. Ils revendiquent pour les migrants une liberté de vivre de circuler et

d’installation, ils défendent une notion de vivre et d’être citoyen à partir du moment où l’on

vit quelque part et veulent la création de cartes d’identité locale ou d’un quelconque papier qui reconnaitrait juridiquement et administrativement la présence d’une personne sur un

territoire.

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